Notre histoire

Que nous cachent ces murs qui ont traversé des siècles et qui ont vu de nombreuses générations se succéder ?
Quels secrets se cachent dans les sous-sols ténébreux de cette bâtisse ?
Afin de répondre à ces interrogations, replongeons dans l’histoire de ces bâtiments.
 

L’ostal de la Castanha

Ostal de la CastanhaLa meilleure manière de découvrir l’histoire de ce bâtiment est de remonter à l’époque de sa fondation. Les bases de cet édifice semblent avoir été jetées dès le XVIème siècle.Cependant, avant qu’aucune construction n’ait été élevée en ces lieux, la Castagne était déjà un lieu de réunion pour les Rabastinois. Ceux-ci se retrouvaient à l’ombre du massif de châtaigniers s’étendant à cet emplacement.

C’est à ce bosquet que l’édifice doit son nom de « Castagne ». Les premiers possesseurs identifiés sont des membres de la puissante et ancienne famille Delherm.Le domaine fut ensuite transmis à Pierre Desplat, baron de Graniague et parent des précédents propriétaires. « La Castagne » passa entre les mains du marquis d’Alègre, maréchal de France puis parvint à sa fille, la comtesse de Rupelmonde. Vers 1739, la famille Chastenet de Puységur acheta cette résidence. Elle la conserva jusqu’en 1900. A cette date, en effet, la maison fut vendue à M. Joseph Lauzeral qui désirait en faire un couvent.

Durant cette longue période, l’hôtel de la Castagne hébergea de nombreux ducs, marquis et barons qui faisaient étape dans notre petite ville de Rabastens. Son hôte le plus illustre fut le duc de Montmorency qui, après avoir été blessé au siège de Montauban, se fit transporter à Rabastens. A cette occasion, l’hôtel dut accueillir le duc et la duchesse mais aussi tous les seigneurs venus leur rendre visite ce qui posa de réels problèmes de logement. Sous la Révolution les bâtiments servirent également de prison.

Le Carmel

 Les religieuses de l’ordre du Carmel sont arrivées à Rabastens durant l’année 1900. La demeure avait été acquise par M. Joseph Lauzeral pour sa sœur Bathilde Lauzeral qui fut la fondatrice de la communauté des Carmélites de Rabastens.

A – Les bâtiments

Comme toute communauté religieuse cloîtrée, le Carmel est un espace fermé dans lequel seules les religieuses avaient accès : c’est la clôture monastique. Des parties indépendantes sont accessibles aux visiteurs et aux familles, ou aux personnes intervenant pour l’entretien des lieux.

Rue Toulouse-Lautrec Les accès au Carmel se font de trois manières.
Côté rue Toulouse-Lautrec (photo à droite →), un grand portail en bois toujours visible de nos jours, permettait à la sœur tourière (religieuse chargée du service extérieur de la communauté – achats et commissions ; accueil des visiteurs…) de vendre aux voisins et aux habitants le lait des vaches.
Par le jardin situé au bout du pont, on accédait à la chapelle, et on pouvait ainsi entrer pour participer à la messe sans pénétrer dans la clôture monastique. Les parloirs pour familles et visiteurs étaient également accessibles par le jardin ainsi qu’aux logements des tourières.Enfin un grand portail aujourd’hui disparu dans l’impasse de la Castagne fermait l’accès au Carmel. Les ouvriers et fermiers accédaient par ce portail à l’étable et au cellier situés sur la gauche. Ces bâtiments sont aujourd’hui propriétés de M. Bourdet et sont indépendants de la Castagne. Un deuxième portail, celui qui est toujours visible aujourd’hui, interdisait l’accès à la cour, réservée à la communauté religieuse.

B – Les jardins

Cour Autrefois, c’est-à-dire au temps des sœurs, ou plutôt des Carmélites, il y avait à la place de l’actuelle cour (partie goudronnée ou non), un potager. Et à la place des préaux, se situait la cour de la vacherie, et le nouveau C.D.I. a remplacé un poulailler. Les terrasses des rives du Tarn étaient un espace verdoyant peuplé d’arbres fruitiers (voir photo du haut page suivante).Les fruits du Carmel étaient réputés pour leur saveur et leur aspect inégalé. A l’arrière des terrasses, dans les sous-sols, se trouvait le lavoir qui permettait à la communauté de disposer de réserves d’eau pour lessiver le linge. Le lavoir aujourd’hui inutilisé est resté en l’état 

C – En sous sol…

LavoirLavoir

Dans l’enceinte de la demeure de la Castagne se trouvent un certain nombre de passages souterrains qui sont aujourd’hui inutilisés.

L’accès aux souterrains se faisaient par un escalier qui prolongeait celui qui montait aux étages du collège. Cet escalier aboutit à des caves abritant des bassins d’eau servant à l’arrosage des différentes plantations. Du temps des Carmélites, c’était le lieu où se faisait les lessives et où étaient entreposés les outils et légumes durant la saison froide.


Sous-solsLorsque l’on descend le grand escalier intérieur qui aboutit à l’ancien réfectoire des Carmélites, aujourd’hui inoccupé, on laisse aussi sur la gauche une salle peu utilisée qui était, jusqu’en 1959, la cuisine du Carmel. De cette pièce, il est possible d’accéder à un souterrain qui nous conduit sous la cour à travers des salles souterraines et un long couloir sans lumière : nous atteignons ainsi la cave du collège.Au milieu de ce couloir, nous trouvons les vestiges d’un escalier qui permettait d’accéder directement à la cour.

Plus loin, dans la cave, nous trouvons l’escalier qui permettait d’atteindre le rez-de-chaussée. En partant vers la gauche, au bout d’un passage tortueux, nous accédons dans une très belle salle voûtée de 10 m de long sur 4 de large environ (photo ci dessus). Cette pièce se trouve sous l’actuelle salle des professeurs du collège. Un soupirail qui s’ouvre sur l’impasse de la Castagne laisse entrer une faible lumière dans cette belle et majestueuse pièce.

Sous-solsEn revenant sur nos pas, nous explorons l’autre côté et arrivons dans une petite salle de 4 mètres sur 4 environ. Elle se trouve à la verticale de la salle de technologie/arts plastiques, qui était au temps des religieuses un oratoire. La salle souterraine a été le lieu de sépulture pour les sœurs. Un caveau avait été creusé dans le mur (photo ci-dessous). Au départ des religieuses en 1959, le caveau a été vidé et les ossements ont été transférés au cimetière.


Au pied du pont, au niveau des terrasses supérieures, se trouve une salle dans laquelle on accède par un étroit passage. Cette salle, creusée dans le roc, renferme cinq silos.
Sous-solsSous-sols
Ces caves de stockage étaient très certainement utilisées au Moyen-âge lorsque le trafic fluvial sur le Tarn était prospère et que Rabastens était une cité commerciale réputée.

Après le départ des Carmélites, le couvent est resté abandonné pendant quelques mois, puis il a été racheté par le Diocèse d’Albi en vue de son utilisation pour les activités paroissiales. Plus tard, des travaux ont été effectués afin d’adapter les lieux à l’utilisation que l’on voulait leur donner.

La chapelle a également été rénovée : seule la partie utilisée par les sœurs autrefois (le chœur) sert de chapelle. Le sanctuaire (lieu où se tenait le prêtre) a été supprimé et la partie de l’ancienne chapelle où se rendaient les laïcs et les autres personnes est une salle appartenant à la paroisse.

Le 15 septembre 1977, un contrat d’association avec l’État est signé.

Aujourd’hui, l’établissement compte environ 200 élèves répartis en 8 classes. La plus grande partie des bâtiments qui entourent la cour intérieure sont utilisés par le collège Puységur. Depuis 2009, de très importants travaux de modernisation des bâtiments ont permis d’adapter les salles de classe au fonctionnement d’un collège moderne.

Les vieux murs de la demeure de la Castagne ont traversé les siècles. Avant nous, ils étaient. Après nous, ils demeureront. Inlassables témoins de l’histoire de notre cité, ils ont trouvé une âme en hébergeant durant plus d’un demi-siècle des femmes passionnées dans la prière. Quand vous entrerez dans ces murs, quand vos yeux croiseront ces murailles, laissez-vous pénétrer par la mémoire des pierres.
Elles ont été les témoins silencieuses de vies consacrées dans un cœur à cœur avec l’Invisible.
Vous aussi, écoutez ! Regardez ! Entrez dans le mystère de la Castagne ! Peut-être alors, le visible vous conduira, vous aussi, vers l’Invisible.

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